Joseph Robert prend son envol
Didier Périès
L’auteur-compositeur-interprète originaire de Gatineau profite du changement de saison pour vivifier, réenregistrer et partager (en CD et en vinyle, notamment) l’un de ces anciens titres, « Où tu voudras ». Il nous montre ainsi comment l’expérience et de nouveaux moyens techniques lui ont permis de faire évoluer son style. Une parfaite transition vers de nouveaux albums à sortir dans les mois à venir. Nous avons eu la chance de l’interviewer la semaine dernière.
Selon Joseph Robert, le choix du morceau est surtout le fruit du hasard : il consultait ses « archives [ses] anciennes chansons », extraites de son deuxième album, La Folie vacillante de la lumière, après avoir découvert que son public était touché et aimait le ton intime qu’il avait adopté dans ces derniers textes. Or, il a longtemps hésité à les partager, parce qu’ils sont plus personnels. Cette pudeur semble avoir disparu depuis peu : pourquoi ne pas le tester lors de l’une des sessions en direct qu’il tient régulièrement sur son groupe privé, « L’atelier musical de Joseph Robert » ? « La réaction a été unanime », précise l’auteur. Profitant de la récente installation d’un studio à la maison et d’un équipement à la fine pointe de la technologie, il a pu le réenregistrer. Ensuite, accompagné par son indissociable équipier, ingénieur du son et réalisateur, Simon L’espérance, il l’a finalisé à Montréal.
Si cette chanson aborde un thème qui lui est familier, autobiographique (la relation amoureuse), et reste dans le droit fil de l’album, il reconnait que sa production ne se résume pas à cela ; des sujets plus larges, avec des messages plus universels, caractérisent aussi son univers musical. En revanche, pouvoir produire des enregistrements de qualité professionnelle chez soi et développer les compétences pour le faire, lui a pris plusieurs années. Maintenant arrivé à maturité, l’artiste peut « produire une chanson à partir de rien » ! D’ailleurs, en ce qui le concerne, chaque projet explore un aspect de la création musicale, « la texture sonore (les synthétiseurs et les trompettes avec des voix) et les thématiques », dans ce cas, mais aussi sa « signature » d’artiste. Pour les projets suivants, comme Les Splendeurs diaphanes (seize morceaux en deux volumes), ce sont d’autres instruments, d’autres voies/voix qui ont été explorées, et des concepts plus philosophiques, chaque chanson étant « un tremplin vers la suivante ».
Enfin, Joseph Robert admet humblement que son approche en termes de communication a également changé depuis ses débuts. Après la promotion quasi-inexistante de son premier album, Les Mécanismes amoureux, il a pris la décision de se former en marketing des médias. Trois ans plus tard, il utilise intelligemment les différentes plateformes et les médias sociaux ; son groupe privé se monte désormais à 1500 personnes et il a atteint la barre des 30 000 « suiveurs », ce qu’il aurait « vécu difficilement, il y a cinq ans » encore.
On peut donc dire que la carrière musicale de notre guitariste émérite est clairement passé à la vitesse supérieure. Il a arrêté de douter de lui, il assume sa personnalité artistique, pour, comme il le dit « mieux contribuer au paysage musical québécois et francophone […] sans avoir forcément de grandes attentes ». Et cela fonctionne… jusqu’en France, où il commence à réunir un large public ! En attendant, vous pourrez le voir et l’entendre sur scène à Ripon, au Café des orties, le samedi 21 février 2026.

