L'artiste pontissoise Michèle AimPée Parent représente le Pontiac à la Biennale Recycl'Art 2026
Drazen Seslija
L'artiste professionnelle en arts visuels Michèle AimPée Parent, établie à Fort-Coulonge, a été sélectionnée pour participer à la Biennale Recycl'Art 2026, un événement consacré à l'art contemporain qui se déroule du 4 juillet au 30 août 2026 au parc du ruisseau de la Brasserie, à Gatineau.
Organisée par le Centre d'art contemporain de l'Outaouais (CACO), cette biennale, dont toutes les œuvres présentées se rapportent à la thématique Résonances futures, réunit cette année 22 artistes choisis par un jury. Les oeuvres explorent donc le réemploi, la transformation et la valorisation de matériaux récupérés à travers des démarches artistiques contemporaines.
Vernissage et oeuvre unique
Le vernissage de la Biennale Recycl'Art, animé par Denis Marceau, le président du Centre d’art contemporain de l’Outaouais (CACO), a eu lieu le 4 juillet 2026, marquant ainsi le coup d'envoi d'un parcours artistique extérieur qui va demeurer accessible au public jusqu'au 30 août 2026.
Pour cette édition, Michèle AimPée Parent dévoile son oeuvre intitulée Bruits de bouches fossilisées, qui fait partie d’une installation sculpturale inspirée à la fois du patrimoine forestier de l'Outaouais et de la mémoire collective.
L'œuvre repose sur un imposant billot de bois, symbole de l'histoire forestière du Pontiac, recouvert de chaussures récupérées transformées en une multitude de visages expressifs. Chacun d'eux évoque une histoire, un souvenir ou un parcours humain, invitant les visiteurs à réfléchir à la seconde vie des objets du quotidien.
« Cette œuvre s'ancre dans notre territoire forestier tout en donnant une voix nouvelle à des objets abandonnés. Chaque visage raconte un fragment d'humanité et nous rappelle que tout ce qui semble usé peut encore révéler une richesse insoupçonnée », explique l'artiste.
À travers cette création, Michèle AimPée Parent souhaite susciter une réflexion sur le réemploi des matières, tout en établissant un dialogue entre le passé, le présent et l'avenir. Les chaussures, détournées de leur fonction première, deviennent ainsi les témoins silencieux d'expériences humaines réinventées par l'art.
À travers son oeuvre Bruits de bouches fossilisées, Michèle AimPée Parent souhaite avant tout éveiller la curiosité du public. Selon elle, cette curiosité ouvre la porte au questionnement, à la découverte et à une réflexion sur les objets du quotidien. En transformant de vieilles chaussures en visages expressifs, l'artiste invite les visiteurs à imaginer les histoires que leurs propres souliers pourraient raconter. « Tout le monde porte des chaussures. C'est un objet qui nous accompagne partout et qui conserve les traces de nos parcours », explique-t-elle. Son œuvre établit ainsi un parallèle entre ces chaussures qui « ont résonné sur d'autres parquets » et les nouvelles résonances qu'elles créent aujourd'hui à travers leurs récits.
Une oeuvre aux dimensions multiples
Réalisée au terme de plusieurs semaines de travail, l'installation est le fruit d'une collecte de chaussures organisée dans la communauté de Fort-Coulonge. L'œuvre se veut également interactive grâce à des codes QR intégrés à la sculpture, permettant aux visiteurs de découvrir les histoires de certains souliers, ainsi que des collaborations avec d'autres artistes, notamment la céramiste Martine Buczkowski et l'autrice-compositrice Claire Michelle Sirois. « Je voulais que le public puisse prendre le temps d'explorer les détails et de prolonger l'expérience au-delà du simple regard », souligne l'artiste.
Lors du vernissage, tenu le 4 juillet sous un ciel favorable, de nombreux visiteurs ont parcouru les installations en compagnie des artistes. Michèle AimPée Parent affirme avoir reçu plusieurs commentaires enthousiastes sur l'originalité de sa démarche, certains visiteurs qualifiant même Bruits de bouches fossilisées de coup de cœur, ce qui lui a fait plaisir. Elle estime aussi que l'événement a permis de sensibiliser le public au potentiel de réutilisation des objets du quotidien. « Démocratiser l'accès à l'art public est important, et je crois que plusieurs personnes sont reparties avec un nouveau regard sur les matières récupérées », conclut-elle.
La participation de l'artiste pontissoise à la Biennale met en lumière le dynamisme de la scène artistique du Pontiac et contribue au rayonnement des créateurs de la région sur l'ensemble du territoire de l'Outaouais.
