L’insatisfaction des Gatinois sonne l’alarme à la STO
Mélissa Gélinas
Des retards à répétitions, des absences, des autobus surchargés et des tarifs contestés font partie du quotidien des usagers de la Société de transport de l’Outaouais (STO). Face à ces nombreux défis, certains ont dû revoir leurs habitudes de mobilité. Alors que la Ville de Gatineau investit près de 100 millions de dollars par année dans le transport en commun, il est essentiel, selon le conseiller municipal du district du Lac-Beauchamp et chef de l’opposition à la Ville de Gatineau, Timmy Jutras, que la STO revoie et améliore sa gestion.
Un sondage qui en dit long
Par ailleurs, malgré les investissements importants de la Ville, les résultats d’un sondage ont révélé un taux de satisfaction très faible provenant des réponses des résidents de Gatineau envers les services de la STO. « Les gens ont des questions et veulent des réponses », souligne M. Jutras. « La marmite continue de chauffer et, avant que ça n’explose, il va falloir avoir de la transparence envers les contribuables », ajoute-t-il.
La Ville de Gatineau fait également partie des villes du Canada où le billet d’autobus coûte le plus cher avec un prix s’élevant à 4,75 $. En comparaison, il faut débourser 3,75 $ pour un billet d’autobus à Montréal, 3,35 $ à Toronto et 4,15 $ à Ottawa.
Des solutions s’imposent
Selon lui, la Société de transport de l’Outaouais doit être en mesure d’avoir une vision de la mobilité pour Gatineau en revenant à la base afin d’y apporter des solutions qui tiennent compte des réalités géographiques. « Pour ce faire, il faudrait plutôt avoir une logique d’est en ouest [...] », précise-t-il. Cela permettrait, ainsi, de desservir autant les gens d’Aylmer que de Buckingham. « Elle doit se rapprocher des résidents qui sont ultimement ses consommateurs », explique-t-il.
« Il faut également tenir compte du fait qu’il y aura bientôt l’un des plus gros pôles de développement d’emploi sur le boulevard industriel qui se situe à l’est de la ville », exprime-t-il. Cependant, le projet qui prévoyait la construction d’un Rapibus n’a toujours pas vu le jour. Selon les informations du ministère des Transports et de la Mobilité durable, il est indiqué que le projet est en préparation depuis 2018, mais aucune démarche ni aucun rapport n’a été effectué à ce jour.
Sur une note plus positive, M. Jutras affirme, toutefois, avoir confiance en Edmond Leclerc, conseiller municipal de Buckingham et président du conseil d’administration de la STO pour apporter des changements. « Il est la personne la mieux placée autour de la table pour comprendre et discuter des enjeux de distances, puisqu’il la vit tous les jours en tant qu’usager du transport en commun », précise-t-il. M. Leclerc sera, notamment, entouré d’une équipe comprenant un directeur général ainsi que d’autres membres du conseil d’administration, dont Julie Bélisle, conseillère du district de Limbour.

