L’Aylmeroise Cathy Naud, adepte de la trappe et fondatrice du groupe Trappeuses du Québec, était l’une des 24 femmes honorées à l’Assemblée nationale du Québec le 4 juin pour leur contribution remarquable aux domaines de la chasse, de la pêche, du piégeage et de la gestion faunique. Crédit photo : Gracieuseté
La trappe au féminin : l’engagement de Cathy Naud reconnu par Québec
Tashi Farmilo
Cathy Naud, une Aylmeroise passionnée de trappe et fondatrice du groupe Trappeuses du Québec, figurait parmi les 24 femmes honorées lors de la cérémonie de remise de la Reconnaissance Maud-Maloney-Watt, qui s’est tenue à l’Assemblée nationale du Québec le 4 juin dernier. Pascale Déry, la ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, a remis à chacune des lauréates une médaille, un certificat de reconnaissance et une lithographie de la Fondation pour la biodiversité et la faune du Québec.
Cette distinction rend hommage à l’exploratrice canadienne et première femme garde-chasse du Québec, Maud Maloney-Watt (1894-1982), ainsi qu’à toutes les Québécoises qui suivent ses traces. Créée en 2024 dans le cadre de la Stratégie gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes, la Reconnaissance Maud-Maloney-Watt vise à mettre en valeur des femmes qui s’engagent activement dans les milieux à prédominance masculine que sont la chasse, la pêche, le piégeage et la gestion faunique, et à reconnaître leur contribution significative à ces domaines.
Outre la reconnaissance, pour la toute première fois, de la contribution de femmes qui se sont distinguées dans le domaine faunique, la cérémonie a également été l’occasion de célébrer les lauréats de l’édition 2026 des prix Harfang des neiges.
Décrite comme une pionnière dans la diffusion d’informations visant à promouvoir le piégeage auprès des femmes via les réseaux sociaux, Cathy Naud s’efforce de leur offrir une voix tout en les encourageant à s’investir dans cette activité. Elle affirme que la trappe est entrée dans sa vie par hasard, alors qu’elle accompagnait son conjoint sur sa ligne de pièges. Elle dit avoir alors éprouvé un profond respect pour l’équilibre fragile entre l’humain et la nature. Originaire des Hautes-Laurentides, elle vivait en milieu urbain depuis plusieurs années et ressentait un besoin profond de se reconnecter à la nature.
C’est en 2019 que Mme Naud a commencé à piéger, après avoir réussi la formation officielle sur le piégeage et la gestion des animaux à fourrure. Petit à petit, elle a réalisé que les femmes s’intéressant à la trappe étaient peu nombreuses et souvent isolées. C’est ainsi qu’est née l’idée de créer un groupe pour les femmes souhaitant en apprendre davantage sur la trappe et la gestion de la faune.
Créé en 2020, le groupe Facebook Trappeuses du Québec n’a cessé de grandir et regroupe aujourd’hui près de 1 700 membres passionnées aux profils variés : trappeuses, artisanes, taxidermistes, passionnées en devenir ou simplement curieuses. Cette communauté de femmes est axée sur l’accompagnement, l’entraide et la mise en commun des savoir-faire, dans un esprit de bienveillance et de respect. En 2025, Mme Naud a cofondé l’Association des Trappeuses et Artisanes du Québec (ATAQ), dont elle est également présidente.
Son expertise lui a valu d’être publiée dans plusieurs magazines spécialisés, tels que Aventure Chasse Pêche, Sentier Chasse-Pêche et Caribou, ainsi que sur le blogue Tout sur la fourrure. Elle représente également Trappeuses du Québec en tant qu’exposante lors de salons et de congrès de trappe, ainsi qu’à d’autres événements régionaux organisés par diverses associations. Elle travaille sans relâche à faire évoluer la place des femmes dans le milieu de la trappe au Québec, tout en contribuant à une meilleure compréhension du rôle essentiel du piégeage dans la gestion durable de la faune.
Trad. : MET