Le SPVG veut sévir contre l’incivilité
Mélissa Gélinas
Face à la montée de l’incivilité envers les policiers, le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) compte mettre en place une révision de la réglementation municipale 42-2003 afin de pouvoir sanctionner les personnes qui manifestent des comportements incivils à leur égard.
Contexte
En 2025, une vidéo TikTok est devenue virale, montrant une policière de Montréal être victime de propos misogynes et violents d’un homme de 24 ans pendant une intervention. Filmée et diffusée par le suspect, Mohamed Bekkali, cette vidéo a entraîné une augmentation des moyens de pression pour lutter contre les comportements incivils au Québec.
D’après Simon Fournier, chef du SPVG, il s’agit d’une situation inacceptable. « Ça arrive que ce genre de situation-là se produise à Gatineau et ça ne devrait pas du tout être toléré », exprime-t-il.
Solution proposée
Le SPVG a affirmé être en concertation avec la Ville de Gatineau et le Service des Affaires juridiques afin d’actualiser le règlement municipal 42-2003 régissant le maintien de la paix publique et du bon ordre pour y ajouter le volet de l’incivilité (injures et blasphèmes). « Cette réglementation vise avant tout à favoriser le respect et le vivre-ensemble à Gatineau », souligne-t-il.
Selon lui, cette révision devrait être adoptée ultérieurement par le conseil municipal. « Bien que nous soyons déjà très bien avancés, notre objectif est de soumettre quelque chose de concret et de complet qui ne se fera pas à la course [...] », précise-t-il.
Bien que l’installation de caméras corporelles sur les policiers ait déjà fait ses preuves, celles-ci ne sont pas une option envisagée pour Gatineau. Au-delà des dépenses qu’elle génère, la logistique liée au stockage et à la transmission des vidéos est très complexe à gérer, selon M. Fournier.
Destinée à être appliquée sur le terrain, la réglementation sur l’incivilité pourrait également s’étendre jusqu’aux réseaux sociaux.
Un règlement qui a déjà fait ses preuves
De son côté, la municipalité régionale de comté (MRC) des Collines-de-l’Outaouais a quant à elle déjà adopté, depuis plus d’une quinzaine d’années, un règlement protégeant les policiers contre les comportements incivils. « Nous pouvons donner des contraventions qui peuvent s’élever à plus de 500 $ avec les frais », explique Martin Fournel, porte-parole à la Sécurité publique de la MRC des Collines-de-l’Outaouais.
Selon lui, il s’agit d’un outil qui aide les policiers à l’appliquer à bon escient dans les moments opportuns. « Le fait d’avertir la personne qu’elle risque d’avoir une amende si elle n’arrête pas son mauvais comportement l’incite à se calmer », raconte M. Fournel. « Il s’agit d’un élément dissuasif », ajoute-t-il.
Par ailleurs, la réglementation s’applique notamment pour les employés municipaux et les employés de la Sécurité publique, qui peuvent eux aussi subir de l’incivilité.
« Notre règlement s’élargit également sur les réseaux sociaux », commente-t-il. « Par conséquent, une personne qui insulte, harcèle ou blasphème un agent de la paix ou l’un de nos employés pourrait recevoir une amende », affirme-t-il.
Trad. : MET