Québec coupe 205 M$ en investissements prévus à la STO
Sophie Demers
Le président du conseil d’administration de la Société de transport de l’Outaouais (STO), Edmond Leclerc, a confirmé que le gouvernement du Québec entend retirer, au cours des cinq prochaines années, 205 M$ du Plan d’immobilisations du transport collectif (PITC). Cette nouvelle survient quelques semaines après la décision du gouvernement provincial de définancer le tramway et de démanteler le bureau de projet de la STO. La moitié de cette enveloppe représente la somme retirée au projet de tramway.
Les 50 premiers millions de dollars seront retirés dès 2026, ce qui compromet plusieurs projets majeurs, notamment l’achat de 20 autobus électriques prévu en 2027 et le prolongement du corridor Rapibus jusqu’au boulevard de l’Aéroport. M. Leclerc affirme qu’à l’heure actuelle, ces projets ne sont pas réalisables sans le financement de la province.
« Honnêtement, je ne sais pas quel message envoyer au gouvernement du Québec, autre que celui qu’il faut arrêter de nous définancer, surtout de montants qui nous ont déjà été promis », a dit M. Leclerc en conférence de presse à la fin de février. « Présentement, on touche à la base même des services de la STO : le financement d’autobus. C’est une situation très frustrante, un sentiment qui est aussi partagé par mes collègues qui sont présidents d’autres sociétés de transport partout au Québec ».
Les grands projets et achats prennent des années à planifier. Par conséquent, des coupes de cette ampleur auront une incidence sur la capacité de la STO à mener à bien ceux qui étaient prévus pour les années à venir. En outre, la flotte d’autobus de la STO vieillit, et les coupes entravent la capacité de l’organisation à moderniser son équipement et ses autobus vieillissants.
« On ne sait plus vers quelle solution se tourner. Ça nous prend un gouvernement qui croit au transport collectif, mais actuellement, ce n’est pas le cas. Ça va nous forcer à prendre des décisions qui ne seront pas évidentes », a poursuivi M. Leclerc.
Ce dernier a également exprimé des inquiétudes quant aux coûts d’exploitation de la STO, qui sont couverts par diverses sources de revenus, notamment les contributions des usagers, les quotes-parts de la Ville, ainsi que les subventions provinciales. « Les opérations de transport collectif sont également définancées par le gouvernement du Québec. Ça aussi, c’est un enjeu ».
Pour ce qui est de l’avenir, M. Leclerc indique qu’aucun plan concret n’est encore établi, car présentement, la STO accumule les nouvelles relatives au définancement, mais que tous les scénarios doivent être envisagés. « Si la STO devait, par exemple, réduire son service et revoir la qualité de sa prestation faute de moyens, cela aurait un impact direct sur les revenus provenant des usagers, parce que les usagers utilisent le transport en commun lorsque le service est bon ».
Légende photo : Edmond Leclerc lors d’une conférence de presse le 26 février, dénonçant les coupes budgétaires de Québec à la STO. Crédit photo : Capture d’écran