Un nombre inquiétant de victimes de fraudes en Outaouais
Mélissa Gélinas
Les fraudes ne cessent de se multiplier en Outaouais, notamment à Gatineau, Aylmer et Chelsea, mettant en scène de faux policiers et de faux conseillers bancaires. Depuis février, le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a ouvert plus d’une soixantaine de dossiers en lien avec ce type d’escroquerie, dont la majorité des victimes sont des personnes aînées.
Mise en contexte
La plupart des personnes auraient reçu un appel privé provenant d’un interlocuteur s’identifiant comme un policier de Gatineau les informant qu’elles avaient été victimes d’un vol d’identité. Afin de se protéger, le fraudeur leur aurait demandé de placer dans une enveloppe toutes leurs cartes bancaires afin qu’une personne de Postes Canada puisse venir les récupérer en toute sécurité à leur domicile. Il leur mentionnait que de nouvelles cartes de remplacement allaient leur être acheminées sous peu.
À Chelsea, la Sécurité Publique de la municipalité régionale de comté (MRC) des Collines-de-l’Outaouais a procédé à l’arrestation de deux Montréalais âgés de 18 et 20 ans en lien avec cette fraude, le 24 février dernier. Les policiers croient que ces fraudeurs auraient des complices opérant à différents endroits dans la région et ailleurs au Québec.
Ces derniers sont toujours détenus et devront comparaître au tribunal afin de faire face à plusieurs chefs d’accusation.
L’histoire d’une victime d’Aylmer
« Au départ, la personne s’était identifiée au nom de Sylvain Ladouceur, agent de police à la Ville de Gatineau, et disait effectuer une enquête sur un vol d’identité », raconte la victime d’Aylmer. « Il m’a mentionné qu’une personne s’était présentée chez mon concessionnaire automobile pour faire une demande de financement », ajoute-t-elle. Ces affirmations semblaient crédibles pour la dame, puisque le nom de son concessionnaire automobile et la marque de sa voiture fournis par l’interlocuteur s’avéraient exacts.
Par la suite, le faux policier lui demande de fournir le nom de son institution bancaire afin qu’une personne responsable de la sécurité puisse l’aider. Après quelques minutes de conversation, ce dernier lui explique qu’elle devra remettre toutes ses cartes bancaires ainsi que ses numéros d’identification personnels NIP à une personne qui viendra les chercher à son domicile. « Sur le coup, je n’ai pas eu le temps de réfléchir et je les ai données à la femme qui attendait à ma porte », affirme-t-elle. « Elle les a prises et a quitté », poursuit-elle.
Selon les informations de la victime, la femme n’avait aucune pièce d’identité sur elle, mentionnant qu’elle travaillait pour Postes Canada et sa voiture était stationnée plus loin sur la rue.
Trouvant la situation inhabituelle, la dame décide de contacter la police. Elle apprend alors qu’elle vient d’être la victime d’une fraude. Elle reçoit ensuite un appel de son institution bancaire lui demandant si elle avait autorisé de nombreuses transactions. « Ils ont effectué deux transferts de 5 000 $ de mon compte épargne vers mon compte chèque, suivis de plusieurs retraits s’élevant à presque 5 000 $ », précise-t-elle.
Les démarches nécessaires ont été effectuées et l’enquête est toujours en cours.
Conseils et préventions du SPVG
Dans un récent communiqué de presse, le SPVG a tenu à souligner que les fraudeurs savent être convaincants et utilisent différents stratagèmes pour mettre les victimes en confiance en les poussant à agir rapidement.
La méfiance est de mise, puisqu’un fraudeur, grâce à la technologie actuelle, est en mesure de faire apparaitre n’importe quel numéro sur l’afficheur téléphonique, même celui du poste de police. Advenant un appel d’une personne s’identifiant comme policier, il est conseillé de raccrocher et de composer soi-même le numéro du poste de police local.
Il est important de savoir qu’un policier ne demandera jamais à une victime de fraude de remettre ses cartes bancaires, son NIP ni d’augmenter sa limite de crédit. Celui-ci conseillera plutôt à la personne de contacter son institution bancaire afin de procéder à l’annulation de ses cartes.
