L’école Montessori de l’Outaouais :
Une institution aylmeroise depuis cinquante ans
Didier Périès
En plus de ses petits commerces, Aylmer se distingue du reste de la ville de Gatineau par ses nombreux lieux de culte… mais surtout par toutes ses écoles, dont la quasi-totalité publique. Une seule école se distingue, privée (mais subventionnée par le Ministère de l’éducation depuis 1997), centrale dans le Vieux Aylmer et qui a vu plusieurs générations de jeunes Aylmerois s’y presser. C’est évidemment l’École Montessori de l’Outaouais (ÉMO).
Historiquement, sa première localisation était sur Front, dans le petit centre commercial Riverview ; et sa seconde, rue Principale dans l’édifice qui a été reconstruit après avoir brûlé, à côté de la librairie Bouquinart. Aujourd’hui, on ne peut la manquer, en passant devant le Monastère, du côté de la chapelle du bâtiment séculaire. En 50 ans, l’établissement est passé de deux classes préscolaires multiniveaux de vingt élèves (l’une bilingue, l’autre en français), à deux classes de maternelle et préscolaire, quatre de premier cycle et quatre de second cycle, pour un total de 250 enfants ! De plus, se sont ajoutés à la cour initiale — la plus en arrière - des espaces qui jouxtent le parc de la maison de retraite, spécifiquement pour le préscolaire et même un mini-terrain de soccer ! D’ailleurs, de ces espaces-là, les anciens élèves, comme Mathilde Simard, 26 ans, s’en rappellent parfaitement, des jeux, des cours d’éducation physique dans le parc, de la connivence qui se développe pendant neuf années, pour ceux/celles arrivés en première année de maternelle. « Montessori a développé mon autonomie, m’a préparé au secondaire », nous a-t-elle confié, « après ça, je n’ai jamais douté de pouvoir arriver à atteindre mes buts, à condition d’y travailler ». Si la collaboration des parents dans l’approche Montessori n’est pas un vain mot, la qualité de l’encadrement — deux enseignants par groupe ! — et la convivialité du personnel sont aussi la marque de fabrique de l’ÉMO.
Florence Neau, la vétérane des enseignants de l’école, a commencé en 1991, a connu et travaillé avec deux membres-fondateurs, Anne-Catherine McConnell – enseignante - et Michèle Quenneville. Elle décrit l’école comme un lieu de vie incluant humains, animaux et plantes (dont les élèves prennent soin) ; un lieu « où le développement personnel de l’enfant est au cœur de la mission éducative. ». Il s’agit d’apprendre « des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être, pour le reste de la vie », ajoute-t-elle, avec de « véritables choix » (collation, projets personnels, feuille de route hebdomadaire, autoévaluation, etc.). Les relations de « fratrie » dans les classes multi-niveaux, les bicyclettes stationnaires, l’apprentissage par le matériel ou les sorties scolaires ajoutent au cadre particulièrement ouvert à tous les profils d’enfants. L’enseignante insiste sur la stabilité de l’équipe pédagogique, à l’image de sa direction : seulement huit directrices en 50 ans, dont la dernière arrivée en 2022, Berthine Jean-Glouson.
Finalement, pour ceux ou celles qui désireraient en savoir davantage sur la femme visionnaire qu’était Maria Montessori, le film La nouvelle femme (2025) peut constituer une belle ressource à visionner. Son nom est maintenant connu partout autour de la planète, et le réseau des écoles Montessori offre des services « alternatifs » qui ont fait leurs preuves dans des milliers d’écoles primaires, de 3 à 11 ans. Comme le dit le slogan choisi par le comité d’organisation des célébrations du cinquantenaire, le 23 mai prochain, « à l’ÉMO, on sème depuis cinquante ans ».

